[MSN] A Mulhouse, père et fils cambriolaient en esthètes. Les policiers ont saisi 600 oeuvres d'art estimées à 350 000 euros.
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Sun Apr 16 12:05:57 CEST 2006
A Mulhouse, père et fils cambriolaient en esthètes
Les policiers ont saisi 600 oeuvres d'art estimées à 350 000 euros.
par Thomas CALINON
QUOTIDIEN : samedi 15 avril 2006
Strasbourg de notre correspondant
Lorsqu'ils évoquent les résultats chiffrés de leur enquête, les policiers de
la brigade criminelle de Mulhouse oscillent entre satisfaction et étonnement
: «Trois personnes mises en examen, 600 oeuvres d'art récupérées pour une
valeur de 350 000 euros au bas mot, environ douze kilos de bijoux et de
pièces d'argent de collection. Au total, 125 m3 de matériel saisi ! C'est
une enquête qui a abouti au-delà de nos espérances.»
Mardi, dans des villages proches de Mulhouse, ils ont perquisitionné cinq
domiciles et interpellé neuf personnes, dont huit de la même famille. Jeudi,
trois ont été placées en garde à vue et mises en examen pour vol aggravé et
recel. Décrit comme le chef de ce réseau familial de cambrioleurs d'oeuvres
d'art, Antoine Ehrenbogen, 55 ans, a été placé en détention provisoire. Deux
de ses enfants, des jumeaux âgés de 35 ans ont, ont été remis en liberté
sous contrôle judiciaire. A leurs domiciles, les policiers ont découvert,
outre des bronzes et des meubles d'art, des oeuvres d'Emile Gallé, des
céramiques de Théodore Deck, des tableaux en marqueterie de Charles Spindler
et plusieurs toiles de peintres alsaciens, tels Augustin Zwiller
(1858-1939), Frédéric Théodore Lix (1830-1897) et Robert Breitwieser
(1899-1975). Cet artiste renommé localement n'est autre que le grand-père de
Stéphane Breitwieser, condamné pour des dizaines de vols dans les musées et
dont la mère a détruit la collection (Libération des 6 et 8 janvier 2005).
«Vrai expert». Antoine Ehrenbogen est un «vrai expert», selon les policiers
: «Depuis trente ans, il ne vivait que de ça et du RMI. Il ne prenait que du
haut de gamme, jamais de merdes. L'un des cambriolages, c'est 300 000 euros
de préjudice !» Il aurait commis ses vols essentiellement dans le Haut-Rhin,
dans des maisons vides soigneusement repérées et sans jamais avoir recours à
la violence. Il laissait derrière lui des traces d'effraction si minimes que
les enquêteurs peinaient à les découvrir. «De la belle ouvrage», commente
l'un d'eux.
Ces dix dernières années, le réseau aurait écoulé une partie de son butin
via l'hôtel des ventes Drouot, à Paris. C'est l'une de ces ventes qui a
permis à la police de faire le lien avec le réseau familial. Une toile
achetée aux enchères dans la capitale a ensuite été remise en vente par son
acquéreur à Strasbourg, en octobre 2005. C'est là que le propriétaire
initialement volé l'a remarquée, déclenchant l'enquête qui abouti au coup de
filet de cette semaine. Les policiers indiquent également avoir trouvé «la
trace de 1 000 ventes» sur le site d'enchères par l'Internet eBay. Ils
devraient utiliser le même média pour identifier les propriétaires des
objets saisis, dont les photos seront prochainement mises en ligne.
http://www.liberation.fr/
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